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📢 Le Certificat de Limitation de Nuisances est-il obligatoire à bord de votre avion ? 📢

La réponse : pas forcément.


  1. L'origine réglementaire (L'arrêté du 19 février 1987)

En France, l'obligation de détenir un Certificat de Limitation de Nuisances (CLN) — l'équivalent du certificat de bruit OACI — a été harmonisée par l'arrêté du 19 février 1987.

Le texte spécifie clairement que l'obligation de certification acoustique s'applique à :


« Tout avion pour lequel le premier certificat de navigabilité (CDN) individuel a été délivré postérieurement au 1er janvier 1980, à moins que l'avion n'ait volé avant cette dernière date. »

Par conséquent, si la cellule de votre avion (qu'il soit à pistons ou un vieux jet subsonique) a reçu son tout premier CDN ou a effectué son premier vol avant le 1er janvier 1980, il n'y a historiquement aucune obligation de détenir un certificat de bruit à bord.




  1. Pourquoi cette date charnière ?

Le 1er janvier 1980 correspond à la mise en application stricte des premières grandes normes de l'OACI (Annexe 16, Volume I) visant à imposer des critères acoustiques lors de la certification de type des aéronefs.

Plutôt que de forcer les propriétaires d'avions anciens (ex. : les vieux Robin DR400, Piper PA-28, ou Cessna 172 des années 70) à passer des tests acoustiques en laboratoire d'essai hyper coûteux — ou à modifier rétroactivement leurs échappements —, le législateur a choisi de geler la règle pour la flotte existante à cette date.




  1. Les exceptions notables et l'aviation légère (CNRA, CNRAC)

Même si un avion est plus récent (construit après 1980), le même arrêté prévoit des exemptions de certificat de bruit pour certaines catégories particulières :

  • Les avions conçus spécifiquement pour la voltige ou le travail agricole / lutte contre les incendies.

  • Les avions de construction amateur sous CNRA (Certificat de Navigabilité Restreint d'Aéronef).

  • Les avions de collection sous CNRAC (Certificat de Navigabilité Restreint d'Aéronef de Collection).




  1. Les limites opérationnelles sur le terrain : Le piège des restrictions locales

Bien que l'avion soit parfaitement en règle sur le plan de la navigabilité sans ce certificat, ne pas en avoir implique des contraintes d'exploitation qu'il faut anticiper selon la catégorie de l'appareil :

  • Pour les avions légers (Aviation Générale) : En France, l'indice CALIPSO (Classification des Avions Légers selon leur Indice de Performance SOnore) permet de classifier plus précisément les aéronefs en fonction de leur impact sonore. Il comporte 4 lettres de A à D (du moins bruyant au plus bruyant), auxquelles sont associées des restrictions d'exploitation plus ou moins strictes (comme l'impossibilité d'effectuer des TDP pour les lettres associées aux aéronefs les plus bruyants sur certaines tranches horaires par exemple).

    Sans certificat de bruit officiel pour prouver la performance de l'appareil, l'avion est automatiquement classé d'office en Classe D (la moins performante acoustiquement).

  • Les restrictions d'accès et de couvre-feu : Qu'il s'agisse d'un avion léger ou d'un gros porteur, de nombreux aérodromes restreignent ou interdisent totalement l'accès à certaines heures aux aéronefs n'affichant pas un niveau de performance acoustique minimal (critères OACI Chapitre 3/4 pour les liners, ou classes de performance CALIPSO pour l'aviation générale).


💡 En pratique : Si vous exploitez un avion d'avant 1980, aucun inspecteur de la DSAC ne pourra vous verbaliser pour "absence de document de bord" concernant le bruit. En revanche, pour voler sereinement et limiter les coûts d'exploitation sur les terrains sensibles, beaucoup de propriétaires font une démarche de mise à jour de leur fiche de pesée/acoustique pour déclarer leur nouvel indice CALIPSO sur le portail de la DGAC.




  1. Conseil opérationnel

Avant un examen en vol, jetez un œil à la date du premier vol (souvent consignée au tout début du livret cellule ou dans les archives de l'appareil) pour vérifier l'éligibilité historique de votre machine et impressionner votre examinateur avec vos connaissances.


⚠️ L'année de construction inscrite sur le CDN ou le carnet de route n'est pas la preuve juridique officielle retenue par l'arrêté de 1987. Le texte de loi parle spécifiquement de la date de délivrance du premier CDN individuel ou de la date du premier vol. Un avion peut avoir été construit en décembre 1979 mais avoir reçu son premier CDN en mars 1980. De plus, sur un CDN moderne EASA (Form 25), la date d'émission affichée est souvent celle du dernier renouvellement ou changement de propriétaire, pas le CDN originel.






 
 
Image de Nikola Ancevski
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